OFFICE DE LA CULTURE
SECTION D'ARCHÉOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE

L'archéologie jurassienne

En 1716 déjà, le père jésuite Dunod mentionne le site du Mont Terri comme "camp de Jules César ". Selon ses dires, ce serait dans la plaine au pied nord de cette montagne que les légions romaines auraient défait les troupes d’Arioviste, chef germain venu soutenir sur leur demande les Séquanes en guerre contre les Éduens. Aujourd’hui, on situe cette bataille dans la région de Strasbourg. Ce n'est qu'au cours de la seconde moitié du 19e s. que se développera une certaine recherche archéologique dans le Jura. 

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Auguste Quiquerez établit la première carte archéologique en 1876 où la part belle est faite à l’époque romaine, au détriment de la préhistoire ou du début du Moyen Age. En sa qualité d’ingénieur des mines, il développe aussi une archéologie du fer, dans la vallée de Delémont avant tout, recherchant les origines de l’exploitation du minerai local et faisant ainsi œuvre de pionnier dans la région sur le plan de l’archéologie industrielle. A. Quiquerez meurt en 1882 et n’aura pas de successeur.


Il faut attendre les années 1920 pour voir un nouveau souffle raviver l’archéologie jurassienne. Cet essor est dû à diverses personnalités privées ; Albert Perronne et Frédéric-Edouard Koby s’attaquent à la préhistoire et à la paléontologie par la fouille de multiples cavernes et cavités. Le premier laissera son nom dans la région surtout grâce à ses archives photographiques. Le second deviendra fameux grâce à ses travaux sur les grottes de Saint-Brais où il mit au jour, entre autre, une incisive d’un néandertalien d’il y a 30'000 ans environ. Carl Lüdin plâtrier-peintre bâlois, consacra ses fins de semaines pendant près de 50 ans à fouiller le site du Bronze final du Roc de Courroux, amassant au fil des ans une impressionnante collection, notamment de la céramique, qui attend toujours d’être étudiée. Enfin, il faut encore mentionner l’architecte de Laufon, Alban Gerster, qui, par ses qualifications, se dirigea naturellement vers l'architecture gallo-romaine. Il fouilla dans le Jura entre autres les villas de Laufon-Müschhag et de Vicques, ne dédaignant pas à l’occasion toucher à la Préhistoire ou au Moyen Age. Il travailla souvent en collaboration avec l’archiviste et archéologue André Rais de Delémont.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Musée historique de Berne, puis le Service cantonal d’archéologie bernois fondé en 1960, intervinrent à quelques reprises en terre jurassienne, notamment dans le cadre des fouilles de la nécropole gallo-romaine de Courroux, la surveillance locale des travaux étant souvent assurée par le duo Alban Gerster et André Rais.

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En 1979, en accédant à l’indépendance, les nouvelles autorités du Canton du Jura n’estiment pas nécessaire de mettre en place un service d’archéologie. Mais, dès 1980, la mise au jour d’une petite nécropole mérovingienne à Courfaivre, Les Sabotiers, soulève le problème qui sera partiellement résolu par la création en 1985 de la section d’archéologie dont le mandat principal est de gérer les fouilles à effectuer dans le cadre de la construction de l’autoroute A16, la Transjurane. En 2000 la paléontologie est mise sur pied et donne naissance à la section d'archéologie et paléontologie.

En 1984, la Transjurane est incluse dans le réseau des Routes nationales suisses et dès le 1er août 1985 la section d’archéologie met en place les premières recherches qui seront engagées sur le terrain en mai 1986. Depuis lors plus de 30 sites ont été fouillés ou sont en cours d’exploration. Parallèlement, on peut mentionner quelques autres recherches effectuées sur le territoire cantonal, par exemple, l’église de Courchapoix, les sondages sur la villa gallo-romaine de Buix, le silex mésolithique de l’abri culturel de l’Hôtel-Dieu à Porrentruy, le site médiéval du château de Miécourt ou, en collaboration avec l’Université de Bâle, l’oppidum celtique du Mont Terri à Cornol. Entre 2004 et 2008, plusieurs interventions archéologiques en lien avec la viabilisation d'un nouveau quartier d'habitation ont entraîné la découverte de plusieurs édifices et fours à chaux d'Époque romaine au lieu-dit "La Perche", à Porrentruy.

François Schifferdecker, Céline Robert-Charrue Linder, 09/2011

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