OFFICE DE LA CULTURE
SECTION D'ARCHÉOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE

L'anthropologie

L’anthropologie

Est l’étude de l’Homme: ses origines, son évolution, son développement physique, social, matériel et culturel, sa distribution géographique, ses caractéristiques ethnologiques et ses organisations collectives.  En contexte archéologique, l’anthropologie est partie prenante dans les programmes de fouille et d’étude des gisements à caractère funéraire. Ses divers domaines de spécialisations concourent à une meilleure connaissance des populations du passé.

La Transjurane (A16) a permis la mise au jour de sites archéologiques avec des structures funéraires essentiellement de l’Age du Bronze (incinérations) et du Haut Moyen Age (inhumations). Les études engagées dans le cadre de ces projets relèvent donc de l’anthropologie des populations récentes (post-néolithiques). Elles sont menées selon une double orientation constante quels que soient le site funéraire et la période considérés: la connaissance des populations du point de vue de leurs habitudes funéraires (dimension culturelle et sociale) et de leurs caractéristiques biologiques.

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L’anthropologie funéraire

Elle a pour objet d’étude des sépultures et des nécropoles et requiert l’intervention de l’anthropologue sur le terrain. Elle concerne aussi bien les sépultures à inhumation que les tombes à incinération. A partir d’observations de terrain relatives à l’organisation des sépultures et à la position des squelettes et des ossements, et donc aux rites qui se sont ordonnés autour du cadavre, elle contribue à l’interprétation des sociétés anciennes en termes de pratiques et de rites funéraires (comportements devant la mort).


L’anthropologie biologique

L'anthropobiologie (ou encore l' anthropologie physique) contribue à la reconstitution du monde des vivants par l’analyse des paramètres biologiques (effectif de la population inhumée ou incinérée, sexe et âge au décès, espérance de vie, taux de mortalité, relations de parenté, etc.), morphologiques et métriques des individus et des populations à partir des caractères osseux et dentaires. Ces analyses, menées en laboratoire, fournissent des données permettant d’apprécier la variabilité dans et entre les populations, l’homogénéité ou l’hétérogénéité du peuplement et son évolution dans une région donnée.

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Dans le cas des sépultures à incinération, les méthodes de l’anthropologie funéraire ont été adaptées à la nature des vestiges osseux souvent réduits à de petits fragments calcinés. La fragmentation et la déformation des os excluent, la plupart du temps, toute possibilité de reconstitution morphologique et d’analyse métrique des sujets incinérés. En revanche, les vestiges osseux, qui restent l’élément central du rituel funéraire et les offrandes dont ils sont souvent accompagnés permettent d’accéder à des données biologiques (le nombre d’individus, l’âge au décès et quelques fois le sexe, les spécificités morphologiques, etc.) et funéraires (les modalités de la crémation et de l’ensevelissement et les gestes liés à ces opérations).


La paléogénétique

Des séquences d’ADN peuvent parfois être extraites de l’os humain. Leur étude permet la détermination du sexe et l’analyse des liens de parenté entre inhumés au sein des nécropoles. Dans certains cas, des regroupements familiaux peuvent être mis en évidence. De même, les relations génétiques entre populations anciennes et populations contemporaines occupant les mêmes territoires, les hypothèses sur le peuplement, les migrations, les flux géniques, etc. peuvent ainsi être abordés de façon rigoureuse.

La paléopathologie

La paléopathologie permet de diagnostiquer des traumatismes et des maladies qui laissent des traces sur les squelettes (et plus rarement sur les momies). Elle renseigne sur l’ancienneté de certaines pathologies dans la région étudiée, l’état de santé de la population (période de famine ou d’épidémie, etc.), le mode de vie (sédentaire ou non, traces d’activités physiques intenses, fractures d’origine accidentelle ou belliqueuse, etc.), les pratiques médicales (réduction des fractures, trépanations, "prothèses", etc.), le comportement social (soins et assistance aux infirmes, aux polytraumatisés, aux paralysés, etc.).

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Les apports de l’anthropologie aux études des gisements funéraires sont essentiels. L’évolution des techniques et des méthodes de fouille et d’étude dans ce domaine permet une analyse plus complète des rites funéraires et une approche de plus en plus " biologique " des questions relatives aux populations anciennes et au peuplement. Cependant, dans les ensembles sépulcraux, les aspects biologiques et culturels sont intimement imbriqués nécessitant la combinaison des compétences de l’archéologue et de l’anthropologue et une collaboration étroite.

Mustapha Elyaqtine, 11/2002

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