OFFICE DE LA CULTURE
SECTION D'ARCHÉOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE

Les géosciences

La géoarchéologie

Comme son nom l’indique, il s’agit de la géologie appliquée à l’archéologie: cette discipline relativement nouvelle se place à la charnière des sciences naturelles et des sciences humaines. Centrée à l’origine sur l’étude du Quaternaire, c’est-à-dire la période géologique qui a vu l’apparition de l’homme sur Terre, elle utilise les techniques et approches de différentes branches plus classiques des géosciences, comme par exemple:

  • La géomorphologie (étude de l’origine et des formes du paysage).

  • La stratigraphie (succession et corrélation des dépôts sédimentaires).

  • La sédimentologie (caractérisation et genèse des sédiments).

  • La pédologie (formation et fonctionnement des sols).

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Depuis le premier sondage archéologique réalisé sur le tracé de la Transjurane, en 1986, un géologue spécialisé dans les formations superficielles a été rattaché à l’équipe de recherche. Grâce au suivi de cette prospection systématique, mais également à des études plus ciblées sur les gisements archéologiques découverts, une masse considérable de données géologiques a pu être collectée. Ces données révèlent l’évolution du paysage et du climat au cours du Quaternaire, mais aussi l’effet des activités humaines sur l’environnement. Deux champs d’application se sont individualisés au cours de ces 15 années de recherches.

 


La géoarchéologie intra-site: l’analyse des sédiments anthropiques


Les géosciences et l’archéologie ont en commun un même matériau: le sédiment, considéré comme document archéologique. Or la compréhension d’un site archéologique, à savoir sa formation, sa fossilisation et sa conservation, implique l’identification des types de sédimentation ayant opéré sur le terrain. Cette démarche s’est beaucoup développée grâce à l’analyse microscopique de sédiments sous lame mince ou micromorphologie. Cette méthode a été appliquée à des dépôts bien conservés du type comblements de fosses ou remplissages d’abris-sous-roche. Le cadre chronologique de ce genre d’étude se limite en général à l’Holocène (de 10'000 ans av. J.-C. à aujourd'hui).

Les informations fournies à l’archéologue concernent donc les différents stades de l’histoire du site (ou d’une structure) à savoir sa genèse, son fonctionnement et son abandon.



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La géoarchéologie du paysage: la reconstitution des paléoenvironnements

Dans cette approche, le sédiment est considéré comme témoin des paléoenvironnements. Réalisée également hors des sites archéologiques, son but consiste en la mise au point d’un modèle évolutif du Quaternaire valable pour la région jurassienne. Ce genre d’étude implique l’interaction de la géoarchéologie avec d’autres disciplines telles que l’archéobotanique, l’archéologie servant surtout à dater les couches. Les périodes concernées sont le Pléistocène (de 2 millions d'années à 10'000 ans av. J.-C.) et l’Holocène.

Le retour d’informations pour l’archéologue consiste donc en une meilleure perception du cadre naturel du site durant son occupation.

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LE RÔLE DU GÉOARCHÉOLOGUE

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Dans un premier temps: les travaux de terrain

Durant les travaux de fouille, plusieurs tâches sont placées sous la responsabilité du géologue:

  • Prospection du site afin de connaître l’extension réelle de la couche archéologique, à l’aide de tranchées à la pelle mécanique et de sondages manuels à la tarière.

  • Détermination de la succession des couches, ou stratigraphie, grâce à de nombreux relevés.

  • Prélèvements d'échantillons de sédiments pour différentes analyses de laboratoire et des datations (C14, luminescence).

  • Diagnostics ponctuels sur des roches et autres matériaux de construction.

 


Deuxième temps: au laboratoire

Les principales étapes:

  • Définition de la stratigraphie globale du site: cela consiste à établir un schéma de la succession des couches qui intègre toutes les données chronologiques (dates C14, datations palynologiques ou dendrochronologiques).

  • Analyse en laboratoire des échantillons prélevés sur le terrain: d’une part, les données chiffrées issues de différents tests permettent de vérifier et de compléter les diagnostics de terrain. D’autre part, grâce à la micromorphologie, on peut identifier les différentes couches constituant certaines structures telles que sols en terre battue, niveaux de circulation, etc.

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Troisième temps: l’élaboration des données

Cela consiste en la synthèse entre les données de terrain et les résultats des analyses de laboratoire. Les objectifs sont:

  • Identifier les phénomènes sédimentaires intra-site.

  • Proposer une reconstitution de l’évolution du paysage: ce scénario sera bien sûr discuté avec les chercheurs partenaires du projet.

  • Le but final étant d’établir un modèle intégrant la succession des événements sur le site, mais aussi à l’échelle de la région environnante.

En résumé

La géoarchéologie apporte une nouvelle perception du territoire et du paysage en révélant leurs aspects dynamiques et évolutifs. Elle offre à l'archéologue la possibilité de placer ses découvertes dans un contexte environnemental plus vivant que celui réservé aux innombrables objets alignés sans autre commentaire dans les vitrines d’un musée ! Elle contribue aussi à une meilleure gestion du patrimoine enfoui dans le sous-sol.

Michel Guélat, Luc Braillard, 01/2003

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