OFFICE DE LA CULTURE
SECTION D'ARCHÉOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE

Alle, Noir Bois

Magdalénien

L’analyse détaillée des restes lithiques a été organisée autour de quatre axes. Dans un premier temps, les matières premières utilisées ont été identifiées. Pour près de 60 % des objets, il s’agit de silex trouvé à l’état naturel dans la région d’Alle. Les 40% restants ont été débités dans du silex originaire de Bendorf, situé près de Ferrette dans le Haut-Rhin. Il est à noter que bien qu’installés sur un affleurement de matière première, les magdaléniens ne l’ont que relativement peu exploité. La présence importante de silex importé tend à montrer que les préhistoriques sont venus avec une quantité suffisante de matière pour répondre à leur besoin, l’exploitation du silex local apparaît alors plus opportuniste que préméditée.

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Ensuite les artefacts ont été classés selon leur valeur culturelle et technique. La présence d’un certain nombre d’objets tels que des lamelles à dos abattu (ce sont de petites pièces allongées à bords parallèles dont l’un des tranchants est volontairement abrasé) permet d’attribuer cet atelier au Magdalénien entre 12'000 et 11'000 ans avant J.-C., c’est-à-dire l’ultime culture de la dernière période glaciaire dans nos régions. L’analyse des éléments techniques a permis d’affirmer que les activités de taille ont eu lieu sur place, quelque soit la matière.

L’étape suivante fut celle des remontages. Il s’agit de reconstituer les blocs originels en collant entre eux les différents éléments retrouvés sur le site. Cette étape permet d’affiner les données techniques déjà reconstituées.

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Chaque matière connaît une destination propre. Le silex local a servi à la production de lames, c’est-à-dire des objets au moins deux fois plus long que large avec des bords parallèles. Ces produits ont pu être reconnus par la présence de fragments et grâce aux traces laissées sur les blocs débités (nucléus). La rareté des lames proprement dites montre que ces dernières n’étaient pas destinées à un usage immédiat; elles ont été emportées par les préhistoriques lorsqu’ils quittèrent le site. De son côté, le silex de Bendorf a permis la réalisation de très petits outils qui s’avèrent être les plus caractéristiques du site d’un point de vue culturel: les lamelles à dos. Ce sont des armatures de sagaies ou de harpons. Les pièces retrouvées portent de très nombreuses traces d’usure sur leur tranchant, de plus elles ne remontent avec aucun des nucléus ni avec aucune des autres lamelles. Parallèlement les lamelles produites sur le gisement font défaut. Ces éléments permettent d’interpréter ce site comme une étape destinée à la réparation des sagaies, probablement à l’issue d’une expédition de chasse. Les éléments usés ont été abandonnés, ceux destinés à les remplacer étant débités sur place puis emportés.

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La dernière partie de l’analyse a consisté à reporter précisément sur un plan l’ensemble des artefacts en fonction des matières et des d’objets. Alors qu’à la fouille, seules deux concentrations avaient été décelées, la lecture du plan à permis de déterminer l’existence d’un troisième atelier.

Jean Detrey, 09/2002

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